De la « Négritude » à la «  Francophonie »

 

 

Quand « l’Ecole de Paris » triomphe dans les « années 30 » avec des noms étrangers, pour la plupart : Chagall, Modigliani, Soutine… entre autres, de jeunes étudiants venus des lointaines colonies se retrouvent à Paris, au « Quartier latin ».

Ils ont pour noms Senghor, Césaire, Damas, Alioune Diof… entre autres.

Ils ont lus l’antillais E.W. Briton Blyden ; le haïtien Price-Mars ; l’américain William Edward Du Bois ; le guyanais René Maran, l’allemand Frobénius, pionnier de la découverte des arts africains.

Ces écrivains, ces ethnologues définissent le Panafricanisme comme « un ensemble des valeurs de civilisation du Monde-Noir ».

Ces jeunes étudiants « d’Outre-Mer » a qui il a été enseigné que l’Afrique, leur « Terre-Mère » n’avait ni « culture » ni « civilisation », sont éblouis par la culture et la civilisation « occidentales » singulièrement par les valeurs de la culture française dont le Grec et le Latin demeurent le « fondement ».

Ils seront, agrégés en grammaire ; agrégés en philosophie ; Docteur en ethnologie. Editeur – créateur de « Présence africaine ».

« l’Ecole normale » de la rue d’Ulm sera « leur sanctuaire ».

Si « l’Ecole de Paris » triomphe dans ces « années 30 », « l’Art-Négre », pour les uns, « l’Art africain », pour les autres, sous le regard des peintres Vlaminck, Matisse, Derain, Picasso…, contribue à la naissance du cubisme, par sa vigueur et sa stylisation.

 

Le dialogue des cultures est en marche.

Mais le « bourgeois » ricane de ce qu’il appelle des « négreries ».

Le poète roumain Tristant Tzara, père du dadaïsme, écrira dans la revue « Etudiant-Noir » quand vos yeux endormis se réveilleront de votre longue nuit vous verrez ; et ce que vous appelez des « négreries » se révéleront a vos yeux étonnés comme « un art majeur ». Vos dents tomberont de vos rires .

Le normalien Aimé Cesaire reprendra ce mot « négrerie » pour dire sa « négritude ».

Le dialogue des cultures est tout de même en marche.

Pour tout dialogue il faut parler « la même langue », un langage !!!

Déjà en 1880, sous la plume de l’écrivain et ethnologue français Onesime Reclus qui le premier émit l’idée d’un regroupement de populations selon le critère de l’utilisation de la langue française, le mot « francophone » est prononcé.

Plus tard à « l’ère des Indépendances africaines » des « hommes politiques », les présidents Hamani Doury du Niger, Habibe Bourguiba de

la Tunisie

, L.S. Senghor du Sénégal, Houphouet Boigny de

la Côte

d’Ivoire, Norodom Sihanouk du Cambodge, proclameront la « Francophonie » comme soubassement d’une communauté de « solidarité et d’échange » entre états nouvellement indépendants, pour un développement culturel, économique, technique et social.

D’autres « intellectuels » et « hommes politiques » d’Europe et d’Asie se joindront à eux dans la promotion de cette idée.

Le général De Gaulle dira quant à lui : « De

la Communauté

française » !

Mais pour de nombreux « Politiques et Intellectuels » la « Francophonie » est « un toit qui voyage sans écraser les racines qui la fondent et la fécondent » : une économie qui s’organise pour l’Homme dans le respect de son environnement culturel, politique, économique et social.

Et c’est bien pourquoi la « Francophonie » a besoin de grands « Véhicules » pour transporter sa PENSEE et définir ses ACTIONS.

La langue française a destin à ce dessein ; certains disent : vocation à cette fonction.

Même si elle chemine avec d’autres langues comme l’Arabe et l’Anglais.

Ainsi donc, sans négliger, ni mépriser nos propres langues vernaculaires, le Français est une langue véhiculaire pouvant rassembler plus d’un milliard de personnes sur plus de 50 pays de

la   Planète

Terre

: circonstance de l’Histoire !

Quels défis, mais quelle perspective !

Pour la « négritude » cette perspective constitue une « ouverture » vers des horizons immenses, essentiellement différents.

Quelles richesses pour le « dialogue des cultures ».

L’ethnologue et géographe Onesime Reclus pouvait-il imaginer l’ampleur de son néologisme ?: « Francophonie » !

Souhaitons le même avenir à la « Négritude »

 

 

 Charles Carrere

 

 

 

 

 

Exposé du 17 avril 2010

lors du Congrès de l’Union des Poètes francophones (UPF) à Strasbourg