11 novembre 2009
Prix Goncourt 2009
Marie
NDiaye, prix Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes", a estimé
"très excessifs" ses propos sur "la France de Sarkozy"
qu'elle avait qualifiée de "monstrueuse" en août dernier, dans une
interview diffusée mercredi sur Europe 1.
Photographe : Martin Bureau
AFP/Archives :: Marie Ndiaye pose avec son livre "Trois Femmes
Puissantes" après avoir reçu le Prix Goncourt 2009, le 2 novembre 2009.
Interrogée sur sa décision de s'installer à Berlin après l'élection de
Nicolas Sarkozy en 2007, la romancière a rejeté l'idée d'"une forme d'exil
politique".
"Non,
je n'aime pas dire les choses ainsi, c'est très excessif. Je ne veux pas du
tout avoir l'air de fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable, simplement
depuis quelques temps je trouve l'atmosphère en France assez dépressive et
morose, il me semble qu'à Berlin en ce moment elle est plus exaltante",
déclare-t-elle dans cette interview réalisée lundi soir à Berlin.
A la
question est-ce que "ça dépend en France de quelqu'un ?", elle répond
: "C'est une histoire vieille de plusieurs années, je ne crois jamais
qu'un seul homme puisse faire un pays, bien sûr que non".
Lire aussi
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dénonce les "propos insultants" de Marie Ndiaye à l'égard de
Sarkozy
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président"
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Mardi, le
député Eric Raoult (UMP) avait interpellé le ministre de la Culture Frédéric
Mitterrand sur les propos, "insultants" selon lui, tenus par Marie
Ndiaye dans le magazine Les Inrockuptibles du 18 août, estimant qu'en tant que
lauréate du Goncourt elle se devait de "respecter la cohésion nationale et
l'image" de la France.
A propos de
la formule qui lui est reprochée sur la France "monstrueuse" de
Nicolas Sarkozy, Marie NDiaye conclut, "oui oui, elle est très
excessive".
De son côté,
le journaliste Bernard Pivot, membre de l'Académie Goncourt, a souligné
mercredi que "le devoir de réserve des prix Goncourt n'existe pas",
après la polémique sur des propos de Marie NDiaye.
"Le
devoir de réserve des Prix Goncourt n'a jamais existé, n'existe pas et
n'existera jamais. Ce serait bien mal connaître les écrivains que de croire
qu'il existe", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Ce qui
est vrai, c'est que le Goncourt renforce une position, donne une aura, une
légitimité. Mais les propos que tiennent les lauréats n'engagent qu'eux-mêmes,
ils n'engagent en aucun cas l'Académie Goncourt et encore moins la
France", a-t-il poursuivi.
Selon
Bernard Pivot, "c'est déjà difficile de décerner le Goncourt, si en plus
il fallait se déterminer sur les propos que l'auteur a tenus des mois
avant..."
"On
juge un livre, pas l'auteur", a-t-il conclu.
12 septembre 2009
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10 août 2009
Un journaliste français arrêté par la police à Jérusale
Notre confrère prenait des photos de l’expulsion de familles palestiniennes dans la partie occupée de la ville.
La police et l’armée israéliennes ont beau marteler que, quoi qu’elles fassent à Jérusalem-Est, elles sont dans leur droit puisque « Jérusalem est la capitale une et indivisible d’Israël » (même si aucun pays au monde ne reconnaît l’occupation de la partie orientale de la ville), il semble néanmoins que les témoins ne soient pas les bienvenus. Pour preuve, ce qui s’est passé en début de semaine, dans le quartier de Sheikh Jarrah.
deux familles palestiniennes expulsées
La police anti-émeute israélienne a expulsé deux familles palestiniennes, Ghawi et Hanoun, de leurs maisons. Elles vivaient là depuis cinquante ans, depuis qu’elles sont devenues réfugiées en 1948, forcées de quitter - déjà - leurs habitations situées dans ce qui est maintenant Jérusalem-Ouest. Un tribunal israélien, saisi par un organisme de colons, Nahalat Shimon International, a ordonné aux deux familles de quitter leurs domiciles, leur donnant jusqu’au 19 juillet pour le faire, sous peine d’emprisonnement et d’amendes. Les maisons reviendraient aux colons. « Nahalat Shimon International veut démolir toute une partie du quartier, en chassant plusieurs centaines de Palestiniens, pour construire 200 logements pour des colons », affirme l’ONG israélienne Ir Amim, spécialisée dans le suivi de la colonisation de la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée par Israël en 1967.
Fin juillet donc, les colons sont arrivés à Sheikh Jarrah, sous protection policière, pour prendre possession des lieux. Les familles palestiniennes étaient encore là. Avec elles, des militants internationaux, venus les soutenir. Parmi eux, un groupe de Génération Palestine et un journaliste français (carte de presse n° 106 731), Nadir Dendoune. Notre confrère était en train de prendre des photos lorsque les policiers israéliens l’ont embarqué manu militari. Il raconte : « Ils m’ont emmené jusqu’à leur voiture et m’ont pris mon passeport non sans m’avoir donné des coups dans le ventre. L’un d’eux m’a dit qu’ils allaient me tuer tout en passant son pouce sur sa gorge, en signe d’égorgement. Un autre a dit que je n’étais pas français, que je m’appelais Nadir et que j’étais un putain d’arabe. » Dendoune est alors transféré au sinistre commissariat du Russian Compound, à Jérusalem, connu pour les sévices infligés aux prisonniers palestiniens. « Ils m’ont mis avec des Palestiniens dans une cellule. Les gardiens venaient me réveiller toutes les heures en demandant, à chaque fois, mon nom, mon prénom et ceux de mon père. » Il est ensuite présenté devant un tribunal, mains et pieds menottés, comme un criminel. L’audience n’aura pas duré dix minutes. « On lui reprochait deux choses », précise Léa Tsemel, avocate israélienne des droits de l’homme, bien connue, venue défendre Nadir. « D’abord d’être entré dans une propriété privée », c’est-à-dire les maisons que les colons se sont octroyées, et « d’avoir dérangé un policier ». Léa Tsemel, comme nous, ne sait pas très bien ce que signifie « déranger un policier ». Habituée au surréalisme judiciaire israélien, elle traduit cela par un refus d’obéissance. Nadir n’a plus le droit de se rendre à Sheikh Jarrah pendant 181 jours ! Une condamnation qui témoigne à elle seule du caractère politique de l’infraction reprochée au journaliste et autres inculpés : des Américains, des Suédois, des Allemands, des Britanniques et quelques Israéliens et Palestiniens.
Les Palestiniens dénoncent la colonisation
Les Palestiniens, qui veulent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de leur futur État, dénoncent la colonisation comme le principal obstacle au processus de paix. Plus de 200 000 Israéliens sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, où vivent 270 000 Palestiniens. Le but d’Israël est de judaïser la ville et de refuser ensuite aux Palestiniens toute revendication sur Jérusalem. Nadir en a été le témoin. La police a saisi ses clichés.
publié par l’Humanité
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