Le blog de Michelle Meyer

Michelle Meyer auteure évoque son oeuvre , ses projets littéraires, vous fait part de ses coups de coeur de ses coups de gueule sur l'actualité.

23 juin 2008

LE DIKTAT DE PARIS ET LE MENSONGE INSTITUE

La région et les maux du temps.

Ce texte met une conclusion aux 4 articles précédents

 Ceci me fera conclure sur la responsabilité des élus en région. Le nec plus ultra est le parler alsacien avec ses dialectes différents qui accroissent l’enclavement si bien que le Professeur Wackenheim a pu célébrer, à la Foire du Livre de Marlenheim, l’oraison funèbre du français. La ville de Strasbourg a trouvé un fonds de trésorerie pour mettre les plaques des rues et places dans les deux registres linguistiques. J’ai un doute profond sur cette mesure qui répondrait au principe identitaire lequel doit, en premier lieu, résoudre ses propres contradictions dans un univers en perpétuel devenir afin d’éviter les conflits. Quand je vois des communes alsaciennes, de parler essentiellement alémanique, opulentes et sans immigrés voter entre 22 et 32% sur le slogan Mit Leidenschaft, Franzose sein ! Le Pen, Präsident, je me dis qu’aucune politique régionale n’a fait l’autopsie du mal dont souffre les Alsaciens pour qu’ils aient besoin de crier en nombre qu’ils sont passionnément Français ! Pourtant, c’est le vote alsacien qui a fait basculer le « oui » français pour Maastricht alors que la droite ultra est opposée à ces accords. Nous nageons dans l’incohérence totale sauf si, avec Martin Graff, nous convenons que les Alsakons ont fait un vote européen pour ne pas déplaire aux Allemands et qu’ils continuent à dépenser leurs marks en Alsace !

 La régionalisation est caricaturale, l’assemblée régionale n’a pas de pouvoir législatif, d’ailleurs nos élus ne le demandent guère. Pour peu qu’ils soient aussi députés, ils savent que le parlementarisme français est purement formel, le gouvernement peut légiférer par décrets et ordonnances et ses propositions de lois passent avant celles de l’Assemblée. C’est ainsi que nous assisterons au démantèlement de la sécurité sociale, de l’éducation nationale et ainsi de suite. L’Alsace qui a fait l’expérience de la dictature hitlérienne ne dit rien, peut-être que les Alsakons se vengent en aidant la France à mettre des hommes à poigne au pouvoir. Ainsi, s’il y a dérive fascisante, c’est la France entière qui protestera que c’est « Malgré Elle ».

 Mais je crois davantage à un amour immodéré pour le goût du chef incarnant l’ordre. Le dirigisme parisien ne dérange pas si bien que la politique locale culturelle consiste, avant tout, à inviter et à financer la venue d’écrivains estampillés à Paris. Ce fut le cas encore, en février 1995, lors des Rencontres de Strasbourg sur le thème « Désir de politique? ». S’il est fondé que le public en région sache ce qui se fait et se publie dans la capitale nationale, par contre cette politique unilatérale encourage exclusivement ce qui se pense et se publie avec l’aval parigot. Une fois de plus, l’association Rencontres fondée tout exprès pour cette manifestation a été financée par les contribuables, pour une somme de 450.000 francs, mise au service d’entreprises monopolistiques : la Librairie Kleber est à Gallimard et au trust de la diffusion et distribution qui s’y rattache, les DNA appartiennent au groupe Hersant et Saisons d’Alsace aux DNA. Affirmer dans un document de présentation que ces rencontres allaient « créer de façon indépendante un nouveau style de médiation » est prendre les auditeurs potentiels pour des benêts. Les étudiants n’ont pas été abusés et distribuaient, avant chaque causerie, des libelles fort bien tournés.

 Je crains que ce soubresaut critique ne soit qu’épisodique. Je prends en considération que si l’âge pour présider les destinées de la France est 63 ans, ce n’est que d’ici 10 ans que nous serons débarrassés de ceux qui ont été pétris dans leur jeunesse par le national-socialisme et le pétainisme.

            XXIème siècle, pas de rupture avec le XXème siècle. Les forces vives de la Nation sont gangrénées par les idéologies propagées au siècle précédent. "L'argent d'abord" et une France multiraciale  qui se donne des alibis pour faire croire qu'l n'y a ura plus de racisme. Alexandre Dumas au Panthéon, j'ai d'abord cru que c'était en hommage aux royalties que rapportent les films conçus à partir des récits. Ce ne pouvait pas être pour l'oeuvre elle-même écrite par une pléthore de nègres. A. Dumas était payé à la ligne, pas de droit d'auteur puique pas d'auteur. Dans les premies ouvrages, un personnage était muet. Lors des dialogues, sa présence était indiquée par trois points de suspension. L'éditeur en a eu marre de payer pour trois points de suspension, il ne les paierait plus... alors le muet a disparu des ouvrages à venir. Lagarde et Michard,auteurs d'ouvrages scolaires sur la littérature ne citaient pas Dumas car leur travail ciblait les aueurs authentiques qui font honneur à notre patrimoine. De nos jours, le souci de faire une bonne affaire seul préside au lancement d'un livre. "Bonjour tristesse" n'était pas écrit par Sagan mais l'Editeur Julliard souhaitait lancer une "jeunette" comme cela se faisait dans la chanson. Il voulut recommencer en poésie avec Minou Drouet dont la mère servait de "nègre" à Van der Mersch. La sauce ne prit pas car les journalistes avaient encore une déontologie et avec Sagan, ils s'étaient fait avoir, ils n'avaient pas cru au succès. Au salon du livre à Nice en 1977, lors du colloque sur les éditeurs en région, Prastreau du "Figaro" raconta le premier entretien dont il était chargé avec la jeune Sagan, petite jeune fille fluette qui bafouillait et qu'il voulut ménager. Puis il parla des livres écrits par un certain Hugot. Lorsqu'il décéda, l'auteur Sagan changea de style et pour cause! Les éditeurs présents Privat de Toulouse, Jeanne Lafitte de Marseille et d'autres étaient tous au courant, il n'y avait que moi qui tombait des nues. Parmi les anecdotes racontées, il y eut celle où Hugot avait fait naître un personnage vers le milieu du roman, Julliard vint voir où il en était de son écriture et lui arracha le manuscrit des mains "Pour un Sagan, ça suffit largement". Hugot s'en plaignit à Prastreau car le personnage ne prenait son sens qu'à la fin du récit et la fin prévue ne fut pas écrite.Si donc l'argent compte plus que l'authenticité de son auteur, je ne m'étonnais pas qu'un auteur à "nègres" ait les honneurs du Panthéon. Mais par la télévision, j'ai su le fin mot de l'histoire, il est entré au Panthéon parce que métis. Aujourd'hui, plus rien ne surprend, bien des postes en vue échoient à des personnages qui fleurent l'exotisme, ce qui dans l'idéologie est plus important que les compétences réelles. Les communautarismes entrent en jeu et ceux chargés de pouvoir sont d'abord au service de leur communauté. Je m'interroge sur ce que sera le devenir de la France quand je vois de tels agissements.

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22 juin 2008

Vers un contrôle renforcé de la pensée

Vers un contrôle renforcé.

 Pour ce qui est des trusts de la presse, de l’édition, de la distribution (films inclus), l’essentiel est concentré à Paris. Depuis 1980, le Salon international du livre est désormais à Paris alors qu’il était à Nice où les petits éditeurs étaient un pôle d’attraction en raison de leur capacité imaginative. Pour y mettre bon ordre, les trusts ont obtenu du Maire de Paris que le dit salon se passe dans la capitale, les prix prohibitifs des emplacements ont chassé les petits éditeurs et l’insipidité des colloques programmés a enterré toute vitalité intellectuelle.

 Cette concentration s’est accrue pendant les 14 ans de mitterrandisme. Avant mai 1981, une plainte a enfin été enregistrée contre Robert Hersant qui, contrairement à ce qu’autorise la loi, détenait 20% de la presse française. La gauche au pouvoir fait une nouvelle loi sur la presse qui amnistie M. Hersant puisque la concentration qu’il a réalisée est avant cette nouvelle loi.

Avec J. Lang, le mot culture est remplacé par industrie culturelle. Les bibliothèques ont été invitées à lancer des offres de marché sur le principe d’acquérir les livres au meilleur prix. Seules les librairies dépendantes des trusts peuvent faire des remises signifiantes et vendent les livres produits par ceux-ci. Avec cette formule, tout un pan des bibliothèques est désormais fermé à la littérature « différente ».

 Le Cercle de la Librairie à Paris met à la disposition des libraires, pour qu’ils connaissent les nouvelles publications, un service Minitel Electre 36-15. Je puis dire que, grâce à ce service, la petite édition sort de sa distribution confidentielle car il reste des libraires attentifs à des nouveautés d’où qu’elles viennent; encore faut-il que le nouveau titre s’inscrive rapidement sur Minitel car est considéré comme nouveauté par les libraires, un livre de moins de 3 mois d’existence. Ensuite, il n’est commandé par les libraires que si un acheteur le réclame. Certes, je n’ignorais rien des difficultés en publiant un livre sur la jeunesse dans les banlieues d’autant que Monsieur Chirac était pressenti Président et, en monarchie élective, il faut plaire au Prince lequel a posé cette question au journal Le Monde le 25.11.1971 : « Le régime parlementaire n’appartient-il pas au passé ? » Il faut dire que les maux de société ne sont pas un sujet mobilisateur. Monsieur Chirac a vendu du rêve, propos tenu par Madame Simone Veil dans la Marche du siècle le 10 mai 1995 ce qui lui a garanti le succès électoral. Ce fait n’est pas nouveau, ce fut vrai lors des présidentielles de 1974 et celles de 1981.

 Certains m’objecteront que des livres sur les banlieues existent. Sans doute. Mais étudiez le contenu. A la limite, faire du père Guy Gilbert (qui colporte le Dieu d’amour chez les loubards) ou du Kouchner (qui fait de l’humanitaire sur les terrains de guerre mais ne s’oppose pas au budget militaire) est une chose, faire apparaître les causes du mal social en est une autre. Présenter les jeunes dans les banlieues comme des laissés-pour-compte pour lesquels on peut avoir un regard d’humanité est un délit. Publier dans la presse des documents vrais avant qu’une affaire soit jugée est bien devenu un délit, cette nouvelle limite faite à la presse empêchera bien des inculpations lorsqu’il s’agit de personnalités en vue.

 D’une manière générale, j’affirme que Sartre disparu, ce n’est pas une place vide qu’il a laissée, c’est une place supprimée. Il n’y a de places pour quiconque (sauf moyennant finances et convenir à l’idéologie dominante). Monsieur Alphonse Kienzler n’a trouvé personne pour publier son témoignage sur son vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale, même pas à La Nuée Bleue (DNA). C’est face à l’itinéraire exceptionnel conté dans ce manuscrit et à son humanité que je l’ai publié. Je ne l’aurais pas fait s’il n’y avait eu tous ces refus car j’estime que ce récit des prisonniers politiques de Vichy valait mieux qu’une publication dans la microédition.

à suivre ...

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20 juin 2008

POUVOIR CULTUREL ET POUVOIR POLITIQUE

Le pouvoir culturel au service du pouvoir politique

 Dès 1974, je suis consciente que les idées fascisantes font les choux gras d’une certaine presse et maisons d’édition où j’y vois une volonté politique car le totalitarisme de la pensée n’est possible qu’avec la collaboration effective de la puissance d’Etat. J’exprime mes inquiétudes auprès de diverses personnalités sans toujours provoquer l’attention souhaitée. Pourtant, Monsieur Giscard d’Estaing fait grand cas de la mouvance nouvelle droite (euphémisme pour dire droite extrême); le n°6 de la revue « Eléments » publie la lettre de remerciements du Président pour le soutien du GRECE (toujours la Nouvelle Droite) à son élection en 1974. Gérard Longuet venu du GUD (extrême-droite étudiante) va devenir l’un des proches du Président. Le 28.02.1981, V.G.E donne la première interview de sa campagne présidentielle au Figaro Magazine dont le P.D.G., Robert Hersant, n’est pas un nouveau venu dans l’extrême-droite; en 1940, il dirigeait « Jeune Front » profasciste.

 Après l’échec de Giscard d’Estaing en 1981, la droite nouvelle et sa multitude de groupuscules décident de revenir à sa clientèle naturelle, celle du RPR. Nombreux seront les candidats de la droite ultra sur les listes du RPR tels à Dreux, J.Pierre Stirbois du F.N ou à Antony, J.Yves Le Gallou, numéro 2 du « Club de l’Horloge ». Sur le plan de la politique culturelle, il s’agit de s’approprier à droite les valeurs républicaines classiquement à gauche et de changer de langage pour se donner un visage correct... Cela a si bien pris que trop d’électeurs en 1995 ont cru dans le slogan « égalité des chances » pour redresser une société d’injustices alors que cette droite est contre l’égalitarisme comme on pouvait le réaliser dans l’interview de Bernard Debré donné au Quotidien de Paris le 31.01.1983, article qui va provoquer le titre de la couverture du journal Le point du 9.05 de la même année : « La France, le danger égalitaire ». 

 En 1985, dans l’avion qui nous ramène à Paris après la Foire Internationale du Livre à Moscou, je confie à Monsieur Jondeau, Président des Ed. Ouvrières, le manuscrit que je publierai en 1994 sous le titre final Fantasia dans la ville. M. Jondeau est très intéressé par le manuscrit mais il exprime un grand souci : ce livre pose un problème avec les futures législatives de 1986 où Monsieur Chirac deviendra Premier Ministre, par suite ce livre ne pourra être distribué. Néanmoins, M. Jondeau soumet le synopsis du livre au comité des Ed. Ouvrières (devenues les Ed. de l’Atelier après bien des difficultés) mais je n’ai pas eu besoin de réponse écrite pour savoir que le risque éditorial ne sera pas pris puisque risque il y a.

 En 1987, alors que Monsieur Chirac est Premier Ministre, une commission créée par la Ville de Paris interdit l’achat, par les bibliothèques dépendantes de la capitale, des livres pour jeunes qui parleraient des banlieues, des problèmes du monde du travail, de familles divorcées...Dans les mêmes temps, un responsable de bibliothèque, secteur BD à Marseille, est suspendu de ses fonctions et un auteur-professeur du sud-ouest est mis à pied suite à la parution de son roman.

à suivre...

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19 juin 2008

COMMENT LA CENSURE POLITIQUE PROGRESSE

La droite s’organise.

 Je me suis heurtée à la censure politique peu après que Jérôme Lindon publiait son opuscule contre la politique des FNAC ce qui lui valut un procès et fit écrire à J.C Marrey dans Le Monde  : « J’appartiens à une génération où les poursuites engagées contre les Ed. de Minuit rappellent d’étranges et fâcheux souvenirs ». Je me rends donc aux éd. Stock pour récupérer un manuscrit, grande fresque sociale où je fais une psychanalyse de l’Etat. Je suis reçue avec empressement au niveau du secrétariat de direction et mon interlocutrice affirme la qualité littéraire de l’ouvrage mais les idées exprimées «contre la guerre » feront que le livre ne sera pas diffusé même s’il était édité. La femme est si émue que je suis moi-même bouleversée face à ces gens de pouvoir sans pouvoir. « Jusqu’en 1976 », me dit-elle, « nous aurions pu publier votre livre ».

Je n’ai jamais publié ce manuscrit malgré les propositions d’associations pour le lancer par souscriptions car la France à laquelle je viens de me heurter m’a profondément ébranlée. J’ai trop bien compris les imbrications du politique et du capital (les ventes d’armes, Lagardère and Co) pour savoir que je serai un écrivain marginal malgré moi. Ne pas me soumettre à des impératifs idéologiques que je récuse, c’est me marginaliser, ce n’est là qu’un moindre mal.

 Avec l’avènement du giscardisme, les restructurations sont allées bon train. Matra qui fait fortune avec les ventes de missiles a fait main basse sur Hachette; et les éd. Stock viennent, à leur tour, de passer sous la férule de Matra-Hachette. C’est la première fois en France que les marchands d’armement disposent d’une telle puissance au niveau de l’information et de la diffusion de la pensée et des connaissances.

  Toujours dans les mêmes temps, alors que Monsieur Chirac est devenu le premier maire de la ville de Paris et a créé le RPR où l’on trouve alors A. Juppé, J. Toubon, B. Mégret, Y. Blot, J. Médecin..., lorsqu’il est question de régionalisation, le Maire convie en 1978 « l’élite  parisienne » pour la rassurer comme quoi le pouvoir culturel et décisionnel resteront concentrés à Paris. Monsieur Chirac entend bien, à partir de la capitale, peser suffisamment sur la France tout entière.

à suivre...

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18 juin 2008

L,A CENSURE : MANIPULER L'OPINION PUBLIQUE

Je rappelle cette formule utilisée par une intervenante dans l’émission Table Ouverte  sur le canal de la Suisse Romande : « Il n’est pas bon en France d’être le fou du roi » alors que Michel Polac et son équipe venaient de se faire remercier par TF1.

 Dans la revue Actuel, plus de 60% des personnes interrogées étaient contre la suppression de Droit de Réponse avant que le fait ne se produise. Quand l’émission fut supprimée, les raisons de l’absence de tollé véritable sont à chercher dans les limites de la liberté d’expression bien plus que dans une indifférence généralisée.

 

Quand la manipulation de l’opinion éclate au grand jour.

 Depuis quelque temps, j’ai pu constater que bien des gens deviennent conscients que ce qui se dit, s’écrit ou se visionne est d’une teneur si monolithique qu’il doit y avoir des raisons structurelles qui contribuent à une standardisation de la pensée. Ce mal s’est mis en place progressivement, durant plus de 30 ans. J’en avais pris le parti de n’en rien dire sauf dans un opuscule Le droit d’écrire, le droit d’être lu de 1980 à l’occasion d’un colloque sur l’édition à Bourg-en-Bresse tant le sujet exige, pour être entendu, une prise de conscience accompagnée d’un questionnement sur les blocages du système et la volonté politique qui s’y attache.

 

A l’opproche d’échéances électorales, il n’est pas besoin d’être un grand clerc pour constater, sur les chaînes télévisées, des changements tant au niveau du comportement et des propos des commentateurs que des personnalités invitées. Une propagande sous-jacente téléguide le résultat des urnes. La plupart des individus contractent des habitudes d’opinion et de croyance par suite de la répétition et de l’imitation, ainsi se forge une opinion publique. Les résultats du premier tour des élections présidentielles révèlent « une France en crise » (DNA du 24.04.95), c’est-à-dire l’existence d’une fracture entre l’opinion privée et l’opinion publique. En clair, les citoyens votent « en conscience » mais répondent aux sondeurs en fonction de la pression sociale sur l’opinion. Tout se passe comme si les citoyens avaient un doute sur la démocratie et préfèrent exprimer leur choix véritable dans le secret de l’isoloir.

 

La manipulation des esprits intéresse tous les citoyens.

 Depuis longtemps, il est décidé pour eux de ce qu’ils doivent dire, voir, lire et penser. En 1980, Jérôme Lindon des Ed. de Minuit refuse de venir au colloque de Bourg-en-Bresse, pour lui, « c’est déjà trop tard ». Dans l’opuscule « La FNAC et les livres  » de 1978, Jérôme Lindon s’élève contre l’idée de profit immédiat. « En 1952, l’année de sa publication, on n’a vendu que 125 exemplaires d’En attendant Godot », écrit-il et d’ajouter : « Renoncer à sortir ces livres-là, c’est tuer dans l’oeuf notre patrimoine de l’an 2000 » . Dans le journal Le Monde, cet éditeur dit encore :  «Des centaines d’auteurs, chaque année, ne verront pas le jour. Mais personne ne s’en apercevra; qui remarque l’absence d’un inconnu? C’est dans dix ans, vingt ans, qu’on constatera les dégâts, et il ne sera plus temps d’y remédier... ».

 D’aucuns m’objecteront que le choix des livres est multiple en librairies mais ce qui compte sur le plan de la création, ce n’est pas le quantitatif mais le qualitatif. «La France », écrit encore Jérôme Lindon, « sera définitivement condamnée à consommer des réimpressions, des sélections de clubs et ces romans qu’on appelait naguère de la littérature de gare ». En 1992, ARTE commente la foire internationale du livre de Francfort, il y est dit que ce n’est pas dans ce type de foires qu’il faut aller chercher les livres qui resteront dans le patrimoine mais dans la microédition. Et j’ajoute que les livres nés dans la microédition resteront confidentiels car ils vont se heurter à la concentration de la distribution et à celle de la presse auxquels les critiques littéraires appartiennent.

 La censure économique semble être acceptée par le public tant le principe de faire de bonnes affaires est devenue une référence de valeur si bien que J.P Barou du Seuil ne cherche pas à choquer quand il avoue à Télérama : « Il faut des noms connus pour faire vendre... On n’a plus cherché des écrivains mais des noms ». Au nom de la rentabilité (qui fut la source du scandale du sang contaminé), les maisons d’édition ont été appelées à se concentrer en trusts puis à abandonner leur pouvoir décisionnelle aux trusts de la diffusion. Dès lors, il devenait simple de mettre les publications sous haut contrôle de surveillance quant à leur contenu. La censure économique a pris le visage de la censure politique.

à suivre...

 

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13 juin 2008

SAUVONS LA TERRE

En soutien à la manifestation antinucléaire du 12/07/08 à 14h Place de la République Paris.

SAUVONS LA TERRE

 

 

« Patrice était à l’île de Sein

Il a vu le dernier druide »

Chantait un barde aujourd’hui défunt

Et je grave dans un marbre

L’épopée de notre planisphère

 

Je suis née de la guerre

Une tempête d’acier faisait rage

Sans doute en ai-je peu de souvenirs

Je n’en demeure pas moins l’héritière.

 

Ce siècle de servitude aisée

A vu le vieux continent

Vaciller sur ses assises

Et les derniers Césars s’écrouler.

 

Un ordre quasi millénaire

En un instant pulvérisé

L’ordinateur, Pythie des temps nouveaux

Seul profère des oracles écoutés.

 

La projection d’un homme sur une ruine

Trace indélébile de notre passage

Devant mon poste de télévision

Je tente d’échapper à mon obsession.

 

Voir cette île de rêve assoupie1

Sous de larges flocons blancs

A l’ancre un petit navire

Qui vit le soleil se lever à l’ouest

 

Et surgir dans un mauvais film

Les chevaliers de l’an deux mille

Avec leurs masques antiatomiques

Derrière eux, les corps des pestiférés.

 

Les négriers ont déserté les mers

Hommes de toutes couleurs, hommes de tous pays

Nous sommes tous solidaires

Dans notre aventure cosmique.

 

Sauvons la Terre, nouvelle Philae2

De la fonte des glaciers

De la pollution des océans

De la turbulence des courants

 

Sauvons la Terre où nous sommes arrimés

Je refuse d’être l’épure d’une espèce finissante

Ma Terre de survivance

Ma Terre des nostalgies

Mon Etoile dans le champ des Etoiles.

 « Ma Révolution Prospective »revue P21, N°2, 1974.

Texte sous copyright, peut être utilisé en signalant son auteur

1Bikini, atoll du Pacifique, lieu des premières expérimentations américaines sur les bombes atomiques à partir de 1946.

2 Philae, île d’Egypte disparue sous les eaux du Nil, ses constructions ptolémaïques ont été transférées sur l’île d’Agilkia.

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09 juin 2008

STAMMTISCH 12/06/2008

INVITATION

 

 

DANS LE CADRE

DE L’EXPOSITION PICTURALE

de Marie-Jeanne COLLINET

STAMMTISCH

avec Michelle MEYER, auteure

17h30 le JEUDI 12 JUIN 2008

RESTAURANT LE SCALA

RUE DU POLYGONE STRASBOURG-NEUDORF

 

Du 3 au 29 juin 2008, Marie-Jeanne Collinet expose ses oeuvres au Scala. Elle est présente au restaurant du mardi au jeudi de 17h30 à 19h et sur rendez-vous Tél. 03 88 39 98 48 ou 06 66 68 35 80.

Sa peinture fulgure de couleurs qui exaltent la vie, peinture abstraite, informelle, gestuelle, elle émeut, éblouit, chante la vie, c’est donc avec plaisir et reconnaissance que Michelle Meyer, lauréate de l’Académie Française, se prête à ce Stammtisch pour parler de son écriture, dire des poèmes qui encensent la vie et rejoignent la luminosité des peintures de Marie-Jeanne.

Un moment récréatif à ne pas manquer qui peut se prolonger par un repas sur place ; à la carte du jeudi soir : la tarte flambée, un des plats qui honore la gastronomie alsacienne.

LE PLAISIR DE LIRE

LE PLAISIR D’OFFRIR

po_tiselisible



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01 juin 2008

salon du livre de marlenheim

9ème Salon du Livre de Marlenheim
Samedi 7 juin de 10h à 18h
dimanche 8 juin de 10h à 19h
Nous vous invitons au stand 38
LES AMIS DE MICHELLE MEYER

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