Le blog de Michelle Meyer

09 janvier 2015

Liberté d'expression

Grande émotion quand on apprend la fin violente de journalistes et caricaturistes, symboles de la liberté d'expession en France dans une époque où des pseudo inellectuels se rallient au point de vue de la propagande pour occuper les médias ou l'autocensure est devenue monnaie courante. J'ai tout de suite signé la pétifion ce mercredi 8 janvier 2015 sous AVAST mais une manifestation d'Union Nationale me dérangeait car courir, comme l'ont fait des journalistes, après Monsieur Sarkosy pour qu'il dise, comme le contexte l'obligeait, "qu'il est outré par cette atteinte à la liberté d'expression" me donne la nausée. Je ne suis pas avec ces hypocrites mais avec la liberté d'expression et la liberté d'être entendu conformément au cri lancé dans mon essai publié en 1980 "La liberté d'écrire, la liberté d'être lu". On peut dire et écrire mais le système, plus sournoisement, a misen place ou aidé tous les moyens qui permettent de réduire au silence la pensée libre. la pensée différente ou "underground", comme on disait après 1968, n'a pas disparu, elle a d'abord été marginalisée puis fusillée dans les basses fosses d'une censure phénomale qui la brise dans l'oeuf ou la chasser de tous les moyens d'information. Cela ne peut se faire qu'en achetant des complicités grassement payées, si bien que la France est dans un état de guerre civile latente mais permanenteavec le camp des moutons de Panurge et l'autre qui vit, en apparence, à l'écart. "La mise à l'écart" sollicite de grands stratèges car il faut savoir maintenir "une soupape de sécurité" pour que le nombre croit que tout peu être dit et fait. Vous pouvez parler argot, ne pas avoir de voix ni d'orelles musicales, micros et podium vous attendent, et le petit gars de la cité sera au hitparad. SI ce n'est pas le cas, c'est que vous n'avez pas de chance ou que ce n'était pas votre destin. Et les humiliés de la vie n'ont que dédain pour les pas chanceux.

Et j'ai reçu le mail ci dessous où je me suis reconnue alors je vous le soumets.

 

 

Oui au combat pour la liberté d’expression

Non à l’obscurantisme et à la xénophobie

Non à « l’union nationale » avec la réaction

Oui à la solidarité et la fraternité

 

 

L’assassinat de 12 personnes, parmi lesquelles les principaux dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo, suscite une grande émotion et une grande colère dans notre peuple.

C’est la liberté d’expression, de critique, le droit à la dérision, que les auteurs de ce meurtre ignoble ont voulu assassiner. C’est pour dire « non », nous ne cèderons pas, nous ne nous laisserons pas intimider, que des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues, le soir même de cet attentat qui vise à semer la terreur et à faire régner la peur.

 

L’autre message de ces rassemblements, c’est le refus et la condamnation de tout amalgame alimentant l’islamophobie.

Cela fait des semaines que des « intellectuels » déversent leur haine contre l’islam devant les micros et sur les plateaux télé. Et aujourd’hui, des lieux fréquentés par des musulmans sont la cible d’attaques. Comme nous l’avons dit dans notre communiqué du 7 janvier, « il faut faire cesser l’instrumentalisation de la religion, quelle qu’elle soit, pour diviser et remettre en cause les valeurs de fraternité et de tolérance ». C’est pourquoi, nous défendons la laïcité, le droit pour chacun de croire et de ne pas croire, le droit de critiquer n’importe quelle religion, de la tourner en dérision.

 

Le président de la République a redit avec force que la France était en guerre contre le terrorisme. Ce discours rappelle celui de Bush, après le 11 septembre. Plusieurs médias, des responsables politiques, reprennent cette comparaison et en appellent, avec lui, à « l’unité nationale ».

De cette « unité nationale » nous n’en voulons pas.

Il est vrai que Hollande et son gouvernement ont engagé de véritables guerres, sur plusieurs fronts : du Mali, au Sahel et, dans des coalitions, comme en Irak. Ces guerres ne sont pas seulement vouées à l’échec – il suffit de voir la situation en Irak et en Afghanistan -, mais elles alimentent les groupes djihadistes en hommes et en sympathisants. C’est pourquoi, notre parti, et d’autres, ont toujours dénoncé cette politique de guerre, qui s’accompagne d’alliances avec des forces réactionnaires et qui s’inscrit dans la vision dangereuse du « choc des civilisations ».

De l’unité nationale avec la droite, nous n’en voulons pas davantage. Une droite qui trouve normal que cette unité s’élargisse au FN.

 

Dans le contexte actuel, ce n’est pas de cette « unité nationale » dont nous avons besoin, mais de nous unir dans le combat contre la politique de misère et de guerre, pour la fraternité et la solidarité entre les peuples.

L’unité pour laquelle nous nous battons, c’est l’unité du peuple, de la classe ouvrière, autour de ses intérêts et ceux des peuples. C’est l’unité dans le combat pour le progrès social, la démocratie.

 

Paris, 8 janvier 2014

 

Parti Communiste des Ouvriers de France

Site : www.pcof.net

courriel : pcof@pcof.net


13 octobre 2013

Hommage à Daniel TREZEL, d'Evian-les-Bains, poète, chanteur, guitariste

Il apportait sa joie, son sourire, son talent pour faire rire des petites et grandes misères de la vie. Une voix chaude à l'image de sa générosité de coeur. Evian s'en rappellera comme Sète se souvient de Tonton Georges qu'il écoutait car, à huit ans, son père lui avait offert un disque de Brassens.

Les Editions Prospective 21 que j'animais ont, par deux fois, publé ses chansons dans "Lyre en délire".

A 67 ans, en douceur, Daniel a donné son dernier coup de balai, lui qui se demandait, à 37 ans, quand est-ce que  l'heure viendrait alors qu'l avait réchappé à un anévrisme qui lui avait laissé, sur le crane, une petite plaque métallique.

Et cette chanson pour rappeler son humour et dire, merci Daniel pour les bons moments que tu nous as accordés.

LES BALAIS

 

J'ai trente-sept balais et des poussières

que j'entasse jour après jour

en attendant l'balai supplémentaire

qui poussera l'tas dans l'passé pour toujours.

 

J'ai bâti une sorte de gare-âge

pour y ranger ma collection,

mais pas trop grand, car je présage

ne pas devenir un vieux con.

 

J'aime les p'tits balais d' mon enfance

j'crache pas sur celui d'mes quinze ans

Mais l'seul qui a ma préférence

c'est celui de mes vingt printemps.

 

J'ai déjà balayé sans doute

plus de la moitié du chemin.

Plus ça va, plus la vie est courte;

Hier, je n'étais qu'un gamin.

 

Demain, quand j'n'aurai plus la force

de balayer le dernier tas

de poussière et qu'l'appel féroce

de l'au-delà m'emportera,

 

Faites en sorte qu'on m'incinère

moi, mes poussières et mes balais.

J'suis sûr de r'tourner en poussière

comme avant de naître j'étais (bis).


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28 septembre 2013

Le YOU-YOU, poème humoristique

Francois Eisele a publié dans le journal Facebook de MICHELLE MEYER

 Le youyou

Le you-you jouait du yo-yo
Sur un youyou sénégalais.
Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
Pourtant voyez mes bonnes dames,
Ce you-you parle en javanais.
Pourtant voyez mes bons messieurs,
Ce you-you chante en portugais.

Le you-you faisait du yoga,
Il mangeait des rutabagas.
Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
Pourtant voyez mes bonnes dames,
Ce you-you porte l'habit vert.
Pourtant voyez mes bons messieurs,
Ce you-you crie même en hiver.

Il a du soleil plein les yeux,
Un bec noir pour te dire adieu.
C'est le you-you toujours joyeux
Qui tout de go joue du yo-yo.
Puisque tu l'as vu, ne dis plus :
" Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. "

Michelle Meyer "VOYAGES A DOS D'OISEAUX" 44 poèmes sur les oiseaux éditions prospective 21 2005 .

Commentaire de l'auteure :

à la fête, parc de la Citadelle Strasbourg, ces 21 et 22 septembre 1973, pour la rentrée des associations, et à l'initiative de la Maison des Associations, François Eisele, Président du "Poète Citoyen" a nimé un  jeu sur les oiseaux avec les enfants à partir du CE2 en se référant à l'album "Voyage à dos d'oiseaux". Ils ont été plus d'une centaine à venir y participer avec des rires libres et joyeux comme  les oiseaux évoqués par l'auteure. Merci à l'internaute sur Facebook qui fait référence à Desnos, j'adore ce poète et que ma poésie vous le rappelle me flatte. J'ai 4 enfants et je suis de nature taquine si bien que , suivant ce que je disais, l'un ou l'autre disait "ce n'est pas vrai". J'ai d'ailleurs écrit les poèmes quand mes enfants étaient jeunes. A la benjamine qui avait oublié l'une des courses qu'elle devait faire, je lui ai dit "qu'elle était une tête de linotte" , je la sentis chagrine d'où j'ai écrit "La linotte" pour qu'elle sache qu'il s'agissait d'un joli oiseau et retrouve son sourire.

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26 juin 2013

Conférence Gutenberg de Howiller 22.06.2013 à Strasbourg

Qui est affabulateur ? Gutenberg ou le conférenci

Je vous laisse juge. Gutenberg est mort en 1468. Pour nous convaincre que Gutenberg a parcouru le monde et laissé trace de son génie là où il est passé , le conférencier lance avec conviction que ce génial présumé inventeur est allé aux Etats Unis promouvoir sa personne et son œuvre, laquelle ?Vraiment génial ce Gutenberg qui est allé en Amérique avant Christophe Colomb !

Il bourlinguait pour s’instruire de l’état de la recherche sur la typographie et ainsi occuper la première place sur la ligne d’arrivée.

Plutôt qu’affabulateur, le conférencier préfère le terme « escroc » car le tracé de la vie de Gutenberg se connaît à partir des nombreux procès qui ont jalonné sa vie.  Logique, il apportait son savoir-faire comme polisseur de pierres fines voire précieuses (des galets du Rhin, selon Monsieur Howiller, sans doute pour apporter un parfum local), notre conférencier n’oublie pas que l’argent octroyé par la Communauté urbaine de Strasbourg pour l’Espace européen Gutenberg doit avoir l’adhésion des contribuables, donc mettons des notes couleur locale pour plaire au nombre et aux boutiquiers qui vendent des souvenirs Place de la Cathédrale et d’étameur de miroirs (reliquaires portatifs chargés de refléter les reliques du site de pèlerinages en vogue). Il fallait de l’argent pour mener à bien une entreprise. Gutenberg cherchait des partenaires pour apporter des capitaux. Pour convaincre, il disait que le matériel allait permettre de faire aboutir un travail qui devait rester secret. Pour notre conférencier, c’était forcément l’imprimerie. Quand son associé meurt à Noël 1438, ses deux frères héritiers veulent récupérer le capital investi dans l’entreprise par le défunt. Un procès s’engage entre Gutenberg et les frères héritiers en 1439. Il fut beaucoup question de la presse. Gutenberg avait commandé des pièces très précises qui devaient permettre de construite des objets merveilleux. On sait que Gutenberg avait mis au point une fabrication en série des objets pour pèlerinages. Cette production industrielle rapportait beaucoup. En 1446, il y eut un nouveau procès entre les deux frères, l’un hérita de la presse, l’autre de le bibliothèque du défunt. Sans presse, Gutenberg retourne à Mayence.

Puisque Gutenberg avait une presse, il faisait de la typographie, ce syllogisme de Jean-Daniel Schoepflin est remplacé par le syllogisme de Howiler : Puisque Gutenberg avait un secret, il faisait de la typographie. Drôle de façon pour mettre à jour la vérité historique. Ici, le parti pris triomphe. Howiller, ancien directeur de la rédaction des DNA, quotidien local, continue dans la fable en parlant du naïf chercheur à court d’argent qui crée à Mayence une société avec le banquier Fust et Pierre Schoeffer. Aucun détail sur le fait que Gutenberg doive rembourser à Fust son capital + les intérêts suite au procès de 1455. L’inventeur est sans atelier et va vivre chichement alors que Fust est parti à Paris, riche du savoir faire de Gutenberg.

La réalité est autre. En 1462, l’imprimerie Fust est dévastée par les troupes de l’archevêque Adolphe de Nassau, imprimerie qui a publié une bible en latin après le psautier de Mayence en 1457 dont il n’est pas fait état dans le procès de 1455 qui oppose Fust et Gutenberg. Fust s’exile à Paris et Gutenberg devient courtisan d’Adolphe de Nassau qui lui alloue une rente et les outils pour faire de l’imprimerie mais ces outils, à la mort de Gutenberg, devront être remis au Docteur Pomery ce qui fut fait.

Après cet exposé avec l’emphase de celui qui sait, le public pouvait poser des questions. Le public apporta des compléments bien plus qu’il ne questionna. C’est là qu’avec bravoure et bravade, Gutenberg se vit pérégriner aux Etats Unis. Troublé, l’orateur oublia l’époque qu’il évoquait. Un assistant évoqua la superbe exposition « 2000 ans d’écrits en Alsace ». J’en profitais pour rappeler que dans « La mémoire des siècle », catalogue qui accompagnait cette exposition, Victor Beyer, Inspecteur général honoraire des musées de France, écrivait : « Gutenberg n’ayant pas abouti à Strasbourg, on verrait mal comment il aurait pu enseigner à Mentelin les rudiments d’un art qu’il ne détenait pas ». Et c’est portant cela qu’avait affirmé l’orateur. La séance fut levée. Je n’avais pas réalisé l’effet produit par mon intervention. Des personnes me saisissaient la main et une dame lance en riant « d’une phrase vous avez détruit sa séance. »

Peut-être. Même si des élus connaissent mon travail sur le mythe Gutenberg, d’autres en mal de reconnaissance ont convaincu des politiques de mettre en place l’Espace européen Gutenberg, Strasbourg aurait aussi son musée technique avec les presses pour imprimerie, ce type de musée ne doit pas être réservé à Mulhouse (sic) Howiller qui m’a saluée en disant qu’il avait lu mes livres, que mon écrit sur l’imprimerie, il l’avait en mains avant la séance, il ouvrit son cartable comme pour le chercher. Puis se ravisant, il regretta mon intervention mais je pouvais encore écrire, avoir les politiques avec soi est primordial, les instigateurs de l’Espace Gutenberg ont gagné. Je traduis l’esprit de ses bougonnements. Impossible d’exiger de la clarté, il veut en découdre, chacun s’écarte. D’autres personnes me reprennent la main en saluant mon courage d’être venue, d’être intervenue. Sans mon mari, je ne pourrais être là, il reste à descendre l’escalier !

 

27 avril 2013

BAISERS SOUS LA PLUIE Amour jeunesse

BAISERS SOUS LA PLUİE

 

 

Les arbres chargés de pluie

les fleurs mouillées

aux parfums pénétrants

et tes lèvres humides

s’ouvrent sur un baiser

 

Le vent joue un adagio

Il pleut des pétales

Je cueille tes baisers

comme des boutons de roses

 

              Le printemps est dans tes yeux

          Ton corps est un bouquet

Notre amour resplendit

comme un ciel après la pluie.

  

            Michelle Meyer

éd. Prospective21 « Voluptés » 2010

 

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14 avril 2013

Le printemps est enfin arrivé

ENFANTEMENT

   

Comme le sein tendu, par trop gonflé
La sève à l’odeur de musc se répand
La terre nourricière ouvre ses flancs
Pour laisser passer la germination
Et les arbustes secouent leurs bourgeons
Où perlent de minuscules gouttes de sueur
Que mars tout en pleurs a fait couler.
Le soc cisaille, aide à l’enfantement
Et l’homme de sa voix rude encourage
Les chevaux besogneux de l’attelage
Tous se pressent, s’affairent, se dépêchent
Car il faut panser la plaie toute fraîche
Quand le sillon est encore fumant
Et que retentit un vagissement.
Il est né. C’et un tout nouveau Printemps
Oh ! allégresse de la vie retrouvée
Plus jamais les nuits moites, enfiévrées
Comme la pierre dépourvue de gangue
Tu brilles, attires, t’épanouis
Jeune accouchée au visage encore exsangue
Avide de caresses, d’insomnies.
1965

Michelle Meyer "A l'écoute des Mondes" éditions Prospectives 21 2009

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14 mars 2013

POUR la défense et illustration du Français CONTRE la loi ESR "Fioraso"

CONTRE la loi ESR "Fioraso"POUR la défense et illustration du Français

Nous demandons le retrait immédiat des projets de loi qui visent à marginaliser la langue française dans l'enseignement supérieur et la recherche, c'est-à-dire du projet de loi ESR dit "Fioraso" .

L’inacceptable marginalisation de la langue française dans l’enseignement supérieur et la recherche

Le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), porté par Madame Fioraso, doit être présenté en Conseil des ministres à la fin du mois de mars avant d’être débattu au Parlement. Il prévoit, comme le montre sa version en date du 8 février 2013[1], de porter un coup sévère à l’emploi de la langue française dans l’enseignement supérieur et la recherche. Aucun des amendements du CNESER retenus par le ministère fin février ne corrige les atteintes programmées[2].

Le projet de loi ESR ambitionne d’expulser la langue française de l’enseignement supérieur et de la recherche 

Le code de l’éducation précise, aujourd’hui, en son article L. 121-3 que « la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères, ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers ».

L’article 2 du projet de loi ESR doit ajouter à cet extrait : « ou lorsque les enseignements sont dispensés dans le cadre d’un accord avec une institution étrangère ou internationale tel que prévu à l’article L. 123-7 ou dans le cadre de programmes bénéficiant d’un financement européen ».

Cet ajout étend considérablement les possibilités d’emploi de l’anglais – puisqu’aucune autre langue étrangère n’est réellement promue en France – dans l’enseignement supérieur. Ce qui, pour des raisons pratiques circonscrites, pouvait être accepté devient la norme dès lors qu’un partenaire étranger ou qu’un financement européen est associé. Notons que tout financement « européen » accordé à la France est en réalité français puisque notre pays est contributeur net au budget européen : autrement dit, nous allons payer pour expulser nous-mêmes la langue française de l’enseignement et de la recherche !

Loin de contribuer à une quelconque « internationalisation » de l’enseignement, le projet de loi ESR va un peu davantage araser toute différence linguistique entre des pays d’Europe de plus en plus indifférents les uns aux autres, pour les jeter dans une sphère culturelle anglo-saxonne étrangère. 

L’article 2 du projet de loi ESR ne suffisant pas à calmer les ardeurs des plus farouches pourfendeurs du français, 36 sénateurs du groupe socialiste, dont l’un de ses vice-présidents délégués, ont déposé au Sénat le 12 février 2013 une proposition de loi « relative à l’attractivité universitaire de la France »[3] qui aggrave encore les objectifs funestes de Madame Fioraso.

L’ « exposé des motifs » de cette proposition de loi feint de découvrir qu’existe une compétition entre universités au niveau planétaire alors que ce qui est – vraiment – nouveau, et qui est tu, c’est qu’un modèle d’inspiration anglo-saxonne, reposant sur la domination exclusive de l’anglais dans toutes les disciplines, est en train d’être imposé, de l’intérieur, au monde de l’enseignement et de la recherche en France.

Ce ne sont, en effet, ni les partenaires universitaires étrangers de la France, ni les étudiants étrangers, ni davantage la qualité de l’enseignement et de la recherche qui poussent au « tout anglais ». Ce sont les Français eux-mêmes qui s’y contraignent, par des lois et des comportements idéologiques et mimétiques.

L’article 6 de ce projet de loi sénatorial ajoute le passage suivant à l’article L. 761-1 du code de l’éducation : « par dérogation à l’article L. 121-3 [celui cité plus haut], la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d’enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français. Pour les étudiants ne justifiant pas d’une connaissance suffisante du français, lorsqu’ils suivent une formation dispensée dans une langue étrangère, cette dérogation est soumise à l’obligation de suivre un cursus d’apprentissage de la langue et de la culture françaises ».

Cet article instaure la possibilité – bientôt l’obligation, peut-être – pour tout un chacun, étranger ou français, de suivre un cursus universitaire intégralement en anglais. Par exemple, il sera possible qu’un Français suive, en France, une formation en anglais de comptabilité sans connaître aucun des termes comptables dans la langue française ! 

Cette proposition de loi va, nécessairement, entraîner la dépossession de leur langue maternelle chez les jeunes étudiants français qui suivraient l’ensemble de leurs études en anglais. Croit-on d’ailleurs que leur anglais est si bon qu’ils tireront de leurs études le même profit que si elles avaient été en français ? Par conséquent, cette expansion nouvelle consentie à l’anglais va inéluctablement s’accompagner d’une baisse du niveau linguistique, tout simplement parce que cette langue n’est pas – et ne sera jamais n’en déplaise aux 36 sénateurs – la langue maternelle des Français ! Il en résultera, de plus, un accroissement des inégalités entre les étudiants capables de s’offrir cours d’anglais et séjours linguistiques à l’étranger, et les autres. Le service public qu’est l’enseignement supérieur doit-il favoriser cela ? Nul doute que l’anglais agira alors comme le marqueur social d’une nouvelle classe dominante, soucieuse d’interdire le pouvoir aux non-anglophones.

Quant aux étudiants étrangers, on les priera de bien vouloir s’intéresser un tantinet au pays et à la langue, de sorte que le « tunnel » que constituera leur passage en France soit percé d’une lucarne folklorique. Ne comprenons-nous pas qu’un étranger est d’autant plus attaché et arrimé à la France qu’il maîtrise le lien fondamental qui unit – encore – la communauté nationale, à savoir la langue française ?

Le français n’est pas un frein à nos échanges universitaires et scientifiques avec le monde : c’est tout le contraire !

 Le préjugé qui motive les deux textes législatifs dénoncés plus haut est que la langue française est un frein aux échanges entre nous, Français, et le reste du monde. Or, cette façon d’aborder la question témoigne d’une accumulation dramatique d’erreurs de perception. En effet :

  • le français est une langue qui demeure considérablement apprise et appréciée à l’étranger, notamment pour sa précision, sa clarté et la résistance qu’elle offre – au corps défendant des gouvernements français – au rouleau compresseur de l’anglo-américain.
  • affirmer volontairement la suprématie de l’anglais sur le français revient par la même occasion à mépriser tout particulièrement les pays francophones, qui n’auraient pas de raison de le demeurer, dès lors que nous leur demanderions l’anglais pour toute coopération sérieuse avec eux. C’est envoyer un signal particulièrement négatif à tous ceux qui, dans le monde, voudraient apprendre le français.
  • renoncer à toute promotion du français à l’extérieur de nos frontières revient, en fait d’ouverture, à faire preuve d’un détestable repli. Cela revient à cantonner notre langue à une image d’Épinal idiote de « trésor culturel », qu’il faudrait mettre sous cloche de peur qu’il ne vive.
  • promouvoir l’anglais, c’est ignorer que les Français s’expriment mieux, pensent mieux, créent mieux en français et donc échangent mieux en français, leur langue maternelle, qu’en anglais : pourquoi renoncer au français qui nous apporte confort et efficacité ?
  • adopter le principe de l’anglais comme langue internationale exclusive revient à accorder, à l’inverse, un atout décisif à nos compétiteurs anglophones de naissance. Ce qui est constitutif d’une distorsion de concurrence inacceptable.
  • croire que l’on va attirer des étudiants et professeurs étrangers parce que les enseignements seraient en anglais est un contre-sens burlesque : ils ne viennent pas en France parce que l’on y parle l’anglais, mais... parce que l’on y parle le français justement ! Et aussi parce que c’est une nation réputée pour l’excellence de son enseignement et de sa recherche.
  • imposer l’anglais au sein des colloques internationaux et dans les revues scientifiques supprime tout recours à la traduction, qui présente l’avantage de laisser chacun s’exprimer dans la langue qu’il maîtrise le mieux, donc avec un maximum d’aisance, de nuance, de précision et de rigueur. Aucune promotion ni préservation de la diversité linguistique ne sont, du reste, possibles sans la traduction. Selon la formule chère à Umberto Eco, « la langue de l’Europe, c’est la traduction », ce n’est pas l’anglais.
  • le recours systématique à l’anglais occasionne une double traduction, source de malentendus, d’erreurs et d’appauvrissement, dès lors que les deux interlocuteurs qui y recourent ne sont ni l’un ni l’autre de langue maternelle anglaise.
  • l’imposition de l’anglais conduit à faire primer la compétence linguistique sur la compétence professionnelle et donc à classer, par construction, les enseignants et chercheurs francophones dans une communauté scientifique « de deuxième classe » : c’est en faire des « torchons », bien séparés des « serviettes » des pays anglophones. La France, dès lors, se réservera les étudiants étrangers qui, d’abord, auront été refusés par les universités anglo-saxonnes.
  • le renoncement au français encourage les avocats d’une prétendue supériorité de l’anglais, conception digne des pires théories racistes du vingtième siècle. Il conforte également les Français qui, par snobisme ou par peur, professent leur indifférence face au passage au tout anglais, alors qu’une part grandissante de la communauté scientifique souffre silencieusement de cette angoissante dépossession linguistique et sombre dans l’autocensure.
  • une langue n’est pas neutre mais au contraire porteuse de valeurs et d’un imaginaire propres : imposer l’anglais revient à imposer une pensée et une culture étrangères. À terme, cela revient également, à abandonner le pouvoir aux anglophones.
  • abattre sa propre langue est, enfin, la manifestation d’une haine de soi et d’une volonté politique d’automutilation et d’« autocolonisation » pour reprendre le terme de Dominique Noguez dans La colonisation douce. Pareille décision, d’une part, humilie l’enseignement supérieur et la recherche française et, d’autre part, appelle de la part de nos partenaires étrangers le plus profond mépris à notre endroit.

 Le projet de loi ESR et la proposition des 36 sénateurs prétendent remédier à « l’attractivité universitaire de la France » et font de la langue française une ennemie de cette attractivité, quand elle est précisément un atout reconnu comme tel par le reste du monde !

Ils ont pour objectif la provincialisation du français afin de mieux transformer la France en une banale province d’un vaste ensemble euro-atlantiste anglophone. Existe-t-il d’ailleurs encore une « France » et un « nous », c’est-à-dire une communauté nationale, dès lors que la langue française est marginalisée ?

 [1] Voir : http://websyndicats.vjf.cnrs.fr/sntrscgt/IMG/pdf/20130208_-_projet_de_loi.pdf

 

 François-Xavier Grison    Contacter l'auteur de la pétition  SIGNER LA PÉTITION CONTRE LE PROJET DE LOI "FIORASO"

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11 mars 2013

LARZ'ALSACE 2013

                                                                  samedi 16 mars 2013 de 10:00 – 18:00

 

Centre Socio-Culturel Marie Hart

67330 BOUXWILLER

, entrée libre 

 

 L'association Le Poète citoyen

sera présente avec un stand

à LARZ'ALSACE 2013

 

organisé par Attac Vosges du Nord,  la Confédération Paysanne et les Amis de la Confédération Paysanne.
Vous y trouverez de nombreuses autres associations dont le MRAP, le PCOF, Les Femmes Louise Michel

Michelle Meyer y dédicacera ses livres. Dans l’attente de cette rencontre, je vous offre un poème.

 

LES POLLUEURS

 

Je souffre dans ma chair car ils ont marchandé ma peau

Pour notre bien, ils ont noirci la mer

Pour notre bien, le bleu du fleuve  est devenu le bleu cyanure

Pour notre bien, ils ont macadamisé des champs chargés de fruits

Pour notre bien, ils ont englouti des terres et fait circuler la pestilence des rivières

 par eux-mêmes engendrée

Pour notre bien, ils ont affamé les deux tiers de l’humanité

Pour notre bien, ils ont répandu la lèpre de Seveso et les cancers d’Hiroshima

Pour notre bien, ils ont inventé l’équilibre de la terreur avec ses risques de guerres nucléaires, de guerres bactériologiques, de guerres électroniques.

 Belzébuth est devenu roi et les Cerbères casqués et bottés tentent de nous intimider

Ils veulent nous museler pour que nous rampions à leurs pieds

À force de vivre enfermés dans des appartements douillets

À force de nous repaître de marchandises toutes préparées pour le ventre et l’esprit

Ils imaginent que nous avons subi le sort

du sanglier devenu porc

et que nous accepterons toutes les iniquités

jusqu’à la mort.

 À leur violence nous répondrons par la violence des mots

Leur vérité éclatera comme des grenades mûres

 Nous qui vivions au rythme des saisons

au rythme des marées

Nous ne voulons pas des Auschwitz multipliés

Nous abattrons les citadelles de l’orgueil et de la cupidité

avant que le soleil ne se voile la face

et que la Terre envoie ses océans sur les continents.

                                                        

                                                                                                             Michelle MEYER

                                                         « A l’écoute des Mondes». Ed. Prospective21 2009

 

 

 

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